La Tradition de la Qabalah qui n'est qu'une tendance de "la stricte voie tracée", offre précisément à chacun la possibilité d'évoluer dans le sens de l'équilibre, par la construction d'une arborescence appelée "Arbre de Vie" et par le cheminement dans ses sentiers, dans le but de sentir et de repérer la voie du milieu.
Elle offre la possibilité de discerner entre les dualités qui nous habitent, tant sur le plan pratique que sur le plan éthique.
L'être humain baigne dans le mélange du bien et du mal, agit avec intuition et jugement, réagit par la rigueur et la miséricorde, vit à travers des comportements actifs et passifs, masculin et féminin...
Encore faut-il en être conscient.
La connaissance du divin passe par la connaissance de soi, mais on peut aussi inverser la proposition.
La démarche de réflexion et de cheminement liée à l'Arbre de Vie pose un acte et crée des repères, facilitant de ce fait la relation avec le divin.
Celle-ci est une vibration autorisant une approche, un simple effleurement.
On peut appréhender l'Arbre de Vie comme un modèle de l'esprit se reflétant dans tous les actes de la vie matérielle ou comme une transposition des archétypes humains dans un univers aux limites du cerveau humain, allant jusqu'aux frontières du divin.
Appelé monde intermédiaire, cet espacement est le résultat de séparations successives résultant du processus de la création et de l'éloignement progressif du divin.
Comparable à un sas entre le monde spirituel et le monde matériel, ce monde est inaccessible au profane.
Mais un individu préparé peut le sentir, le percevoir ou s'en rapprocher.
L'infini "ayn sof" est une "unité sans limite" qui règne dans l'éternité.
Cette unité est aussi une volonté sans finalité, sans besoin et sans détermination.
De cette volonté naît la pensée ou le projet de créer l'univers: l'origine du déclic est la Cause des Causes, le secret absolu et insondable, la grande interrogation qui sépare la foi de l'incrédulité. Le résultat de cette pensée est ce double mouvement simultané de retrait et d'émanation, qui équivaut en fait à une immobilité sur le plan ontologique.
Le mouvement de retrait aboutit à faire le vide, à obtenir le "néant" et à laisser une place à la création.
Le mouvement inverse est celui de l'émanation qui aboutit à remplir ce néant de lumière, une "lumière sans limite".
C'est la "Sagesse du Commencement".
Globalement l'"unité sans limite" s'est déjà retirée dans son immobilité, en ne laissant qu'une "trace", presque un souvenir que l'homme fait revivre par son action et par sa propre pensée.
D'où le schéma d'un Arbre de Vie, agencement spécifique des "attributs" du divin, de cette trace du "sans limite", pour la saisir ne serait ce qu'un instant, une fraction de seconde avant qu'elle ne s'évanouisse dans l'espace et le temps.
L'être humain cherche à conserver cette petite parcelle de lumière, cette étincelle qui lui est parvenue.
Il cherche à la faire vivre à travers les branches et les noeuds de cet "Arbre de Vie", appelés lettres et séphirot.
Sur le plan matériel, l'être humain est un être fini qui ne peut réaliser cette sauvegarde qu'avec ses limites.
Il est ainsi amené à illustrer le fond de sa pensée par des images et des schémas.
Mais comment représenter l'idée que l'on se fait d'émanations, de flux de lumière, d'écoulement de rosée, d'attributs émanant d'un être infini, à la fois lointain et proche, sans tomber dans l'anthropomorphisme?
Et il est encore plus difficile d'exprimer en langage humain compréhensible l'idée que l'on se fait de la pensée de D. eu égard au monde créé.
La Tradition a essayé de combler ce fossé en proposant cette notion de "séfirah" qui a reçu les désignations les plus étranges et les plus poétiques: parole, lumière, force, source, saphir, mesure, couronne....
Ce mot dérive de la racine s/p/r qui a plusieurs sens: numération (nombre, recensement), narration (récit, livre),
transparence (saphir, sphère). Pour se fixer les idées on peut dire que les séfirot sont les vases créés par l'épanchement de la lumière originelle, celle qui provient du mouvement de retrait et d'émanation de l'unité "sans limite".
Ces vases sont aussi bien des récepteurs que des transmetteurs, aussi bien des récipients que des outils de la création.
Tant les lettres de l'alphabet peuvent être aisément appréhendées comme les briques élémentaires du langage,
de la création et de l'action, dans la construction de l'univers, tant les séfirot apparaissent comme des entités abstraites,
difficiles à concevoir.
Plus l'être humain parvient à élever son âme et à tendre vers son côté infini, plus il est capable de les sentir ou de les comprendre.
En fait, il faut savoir ici que le monde intermédiaire des forces-séfirot et des signes-lettres coïncide avec le monde des anges et des âmes, qui sont deux aspects d'une même unité, à l'image de la lumière
qui est à la fois ondes et particules.
L'Arbre de Vie est la construction centrale de la Qabalah. Il est une image universelle de l'unité fracturée dans le décimal.
Pour se fixer les idées, le nombre dix peut être représenté par des choses aussi concrètes que des oiseaux ou des fruits;
ici il s'agit de notions abstraites comme la sagesse, la compassion ou le discernement.
Malgré ou grâce à son anthropomorphisme, l'Arbre de Vie est une image qui plaît.
Elle est comme une empreinte subtile que le monde spirituel a laissé dans le subconscient de l'homme, ou dans sa mémoire profonde.
Des approches différentes et variées sont pourtant nécessaires pour en préciser le contour malgré leur caractère infini, et même si on est amené à se répéter.
source : http://www.cyber-contact.com/
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